Biscuits Georges
Domaine
AlimentationThème
BiscuitsAnnée de création
1885
Biscuits Georges
Contrairement à ce qui est péremptoirement affirmé sur les médias, les biscuits Georges n’ont pas été fondés par Maurice Estieu.
Il nous faut remonter au 10 juillet 1878 pour découvrir qu’à cette date, un certain Georges Rousseau s’associe avec le sieur Camus pour reprendre la société Fournier et Camus, installée aux Halles, 12 rue de la Cossonnerie, dont l’activité est le négoce de fruits secs, salaisons, fromages et conserves alimentaires.
En 1885, Georges Rousseau y exerce cette activité, seul, avant de créer à la même adresse, le 27 octobre 1885, la Société anonyme Manufacture universelle des Biscuits Georges, au capital de 400.000 francs, pour une durée de 15 ans : Rousseau est administrateur de cette société avec Sevin 54 rue Saint-Honoré et Patard 68 rue Saint-Denis.
A l’aide des fonds levés, la société s’installe en 1886 à Courbevoie, au n°209 rue Saint-Denis et y fait construire son usine de biscuits, tandis qu’elle base son magasin et son administration 21 rue du Temple dans le 4e arrt.
Le 7 mars 1889, elle fait enregistrer sa marque au greffe du tribunal de commerce de la Seine pour désigner les biscuits, croquettes et autres pâtisseries et confiseries qu’elle dépose pour la vente dans les boutiques parisiennes (Marat, Desmoulins, Saint-Just, Marceau, Santerre, Turgot, Jourdan, Carnot, Fouquier, Necker, Lafayette, Mirabeau, Robespierre, Louis XVI, Barras, Danton, Pichegru, Fouché, Tallien et Simon).
Le journal l’Alimentation Nationale du 24 août 1889, en visite dans l’usine de 10.000 m², employant une centaine d’ouvriers et dirigée par M. Noël, nous apprend que chaque jour, on y engloutit 2.500 kilos de fine fleur de farine, 1.200 kilos de sucre, 500 kilos de beurre, 500 litres de lait et près de 10.000 œufs. C’est donc quatre à cinq tonnes de biscuits qui sont emportés quotidiennement par cinq voitures à destination soit de Paris, soit de la province (Lyon, Marseille, Bordeaux et Nantes) ou de l’étranger. On y fabrique notamment des Croquettes siciliennes, des Tramways, des Algériens, des Gaufrettes, celles-ci gravées du nom en continu « Georges Paris ».
L’affaire semble donc tourner à plein régime, avec ses deux millions de francs de chiffre d’affaires déclarés l’année précédente ; cela n’empêche cependant pas de graves difficultés, puisque Georges Rousseau décide de dissoudre la SA Manufacture universelle des Biscuits Georges le 25 juillet 1890.
Le 20 octobre 1890, la faillite de la société est prononcée et le 15 novembre, l’Usine, son matériel et son fonds de commerce sont mis en adjudication sur une mise à prix de 200.000 francs.
Faute de preneur, une nouvelle adjudication a lieu le 27 novembre au prix de 150.000 francs. L’enchère est à nouveau ramenée à 100.000 francs le 20 décembre 1890.
C’est finalement aux deux cousins Estieu que l’Usine des Biscuits Georges est adjugée.
En date du 31 janvier 1891 Maurice et Jean Estieu créent la société en nom collectif « M. et J. Estieu », à effet du 1er janvier, ayant pour objet l’exploitation de cette usine. Le capital est fixé à 250.000 francs, réparti entre Maurice Estieu pour une valeur de 192.494 francs 33 c, en valeur de fonds de commerce, marchandises matériel et espèces, et Jean Estieu pour 57.505 francs 67 c, en valeur de fonds de commerce, marchandises et matériel.
Maurice Estieu (1856-1910), parisien, a suivi les traces de son père, Antoine Adolphe Estieu, cantalien, installé à Paris en tant que négociant dans la confection pour dames dans le Sentier. Maurice Estieu continue ces affaires 15 rue de Cléry de 1876 à 1880, associé dans la Maison Estieu et Dogny, nouveautés confectionnées en gros.
En 1881, Maurice Estieu reprend la société Riverin et fils, 5 rue Aubriot, spécialisée dans le négoce du café en gros et s’associe, à partir de 1884, avec le sieur Portier. Enfin, cette entreprise est reprise par Lombard et Cie en 1887, Estieu y restant associé ; dans le même temps, celui-ci s’installe avec Portier, au 75 avenue de Choisy, en tant que chocolatiers, affaire qu’il conservent jusqu’en 1889.
Jean Estieu, né à Dienne dans le Cantal le 15 mars 1857, qui semble avoir une vie professionnelle nettement moins mouvementée, s’occupera plus particulièrement de l’usine de Courbevoie, son cousin Maurice continuant ses affaires de négoce (il deviendra même, en 1901, président du syndicat des produits alimentaires en gros 9 rue Saint Martin).
En 1897, les Estieu ouvrent un dépôt 29 rue du Renard dans le 4e arrt.
En 1910, Maurice Estieu décède, et l’année suivante, le 18 novembre 1911, l’Usine des Biscuits Georges de Courbevoie disparaît dans un incendie. Elle sera reconstruite grâce aux assurances.
Le 1er juillet 1919, Jean Estieu, domicilié 27 avenue de la Grande-Armée, cède la Manufacture universelle des Biscuits Georges de Courbevoie (enseigne, achalandage, nom commercial et clientèle) à la biscuiterie Dijonnaise Pernot. Celle-ci ne reprend cependant pas les locaux, se contentant de conserver la marque « Biscuits Georges ».
En mai 1927, Jean Estieu propose à la location, dans des petites annonces, l’usine de biscuit, hall de 4.500 m², à l’usage de biscuiterie ou tout autre usage…
Source : https://www.cparama.com/forum/georges-biscuits-t22082.html

