Laboratoires Bottu
L'industrie pharmaceutique en pays d'Auge n'est pas une histoire récente. Elle ne remonte pas seulement à la construction de l'usine Sanofi sur la zone industrielle de Lisieux, il y a à trente ans, mais bien aux Trente glorieuses... C'est-à-dire en 1957, du temps où les laboratoires s'appelaient Bottu (du nom de son PDG). Une époque où de petites PME pharmaceutiques fleurissaient sur le territoire français pour fournir des médicaments prêts à l'emploi et remplaçaient, petit à petit, onguents et préparations réalisés à la demande en officine.
Henri Bottu était pharmacien, un pharmacien supérieur - comme on disait en cette première moitié de XXe siècle. Il avait mis au point quelques préparations intéressantes et ouvrit son laboratoire en 1908, à Paris. Son premier médicament fut le Néol, un décongestif et antiseptique très employé dans les hôpitaux. Puis en 1921, ce fut le tour du Codoforme Bottu, un médicament assez populaire contre la toux qui contenait de la codéine.
En 1957, changement de braquet. Henri Bottu, à l'exemple des États-Unis où l'on vient deux ans plus tôt de commercialiser le paracétamol pédiatrique, se lance dans une potion pour nourrissons : l'Algotropyl. À l'étroit à Paris, il déménage à Saint-Jean-de-Livet, près de Lisieux, dans une fabrique moderne.
Persuadé de l'avenir du paracétamol, il lance, en 1964, le Doliprane sous forme de comprimés dosés à 500 mg. Mais le succès n'est pas encore là. La molécule miracle contre le mal de tête, la fièvre et les états grippaux peine à prendre sa place sur les étagères des pharmacies françaises
Les laboratoires Bottu ne disposent pas de la force de vente qui ferait décoller les ventes. C'est seulement après avoir fait le choix d'un mode de distribution direct (pharmacies et hopitaux) et du lancement de sa gamme pédiatrique, en 1981, que son chiffre d'affaires s'envole.
En 1982, les laboratoires Bottu construisent un second site de production, plus moderne, sur la zone industrielle de Lisieux. À Saint-Jean-de-Livet on continuera de fabriquer des médicaments jusqu'en 2002 (où l'activité sachets sera transférée à Lisieux et les effervescents à Cologne en Allemagne).
Puis à la fin des années 80, alors que l'activité pharmaceutique est devenue une industrie avec des poids lourds de la chimie comme Rhône-Poulenc ou Elf Aquitaine (avec sa filiale Omnium financier Aquitaine pour l'hygiène et santé, qui deviendra Sanofi). Les laboratoires Bottu sont rachetés par Rhône-Poulenc. À partir de 1988, le Doliprane est alors exploité par Théraplix qui fait partie de ce groupe.
Puis au fil des fusions, le site de Lisieux change plusieurs de fois de nom... À en donner mal à la tête.
En 1990, Rhône-Poulenc devient Aventis, puis fusionne avec Sanofi-Synthélabo pour créer en 2004 : Sanofi-Aventis. Qui en 2011, laisse tomber la moitié de son nom, pour ne plus s'appeler que Sanofi. Ouf ! Pas trop casse-tête ? Ou voulez-vous un Doliprane ?
(Source Anne BLANCHARD-LAIZÉ, Ouest France) 

 

 

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Les objets de la marque Laboratoires Bottu
Marque vue 816 fois - Créée le 23 Octobre 2024 - Modifiée le 15 Fevrier 2026 Retour
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