Brasserie de la Meuse
Berceau du muscadet, le pays nantais est également terre brassicole. Fermée en 1985, la Brasserie de la Meuse, héritière de la Brasserie nantaise fondée en 1905, a été pendant plus de 80 ans l’un des fleurons de l’agroalimentaire local.
 
Avec l’ouverture de cette brasserie, sur le site de l’ancien chantier Dubigeon, le bas Chantenay renoue avec son passé. Pendant plus de 80 ans, à deux encablures de là, la carrière de Misery a accueilli une brasserie qui, dans les années 50, était considérée comme l’une des vitrines incontournables de l’industrie agroalimentaire nantaise. Les brasseries de la Meuse, héritières des Brasseries nantaises, nées au XXe siècle naissant de la fusion des trois principaux brasseurs nantais et qui ont définitivement fermé leurs portes à l’été 1985.
 
L’essor de la bière nantaise due aux Autrichiens
Si les premières traces de présence de brasseurs à Nantes remontent au XVIIe siècle, c’est au XIXe siècle que les brasseries se développent avec l’arrivée de brasseurs autrichiens. En 1815, un Autrichien, ancien prisonnier des guerres napoléoniennes, Freudenthaler, installe sa brasserie à la Grande Biesse. Il fait rapidement venir à Nantes trois compatriotes, Burgelin, Schaeffer et Rothenbach, qui fondent leurs propres brasseries avant que les familles ne s’associent en 1905 et fondent la Brasserie nantaise, sur le site de Misery, choisi pour sa proximité avec la gare de Chantenay où arrivent orge et houblon indispensables à la fabrication des bières.
 
« Elle est fameuse la Meuse »
En 1906, les brasseries de la Meuse, fondées en 1890 à Bar-le-Duc par Adolphe Kreiss, entrent au capital de la société. Visionnaire et entrepreneur, l’homme modernise les chaînes de production, avec notamment un atelier d’embouteillage, faisant en 1928 des Brasseries nantaises les brasseries les plus modernes de France. L’usine produit alors jusqu’à 200 000 hectolitres de bière par an !
En 1931, Kreiss étant devenu majoritaire, les brasseries nantaises sont rebaptisées brasseries de la Meuse. Outre la Meuse, l’usine produit des bières pour l’exportation sous les marques La Tortue, Le Palmier, L’Étoile… et à partir de 1936 des jus de fruits à l’exemple de Vivor.
Malgré les dégâts occasionnés par les bombardements et l’arrêt de la production de bière durant l’occupation, l’activité de la Brasserie repart de plus belle à la libération. Dès 1947, la brasserie de la Meuse bat des records de production, à grand renfort d’opérations promotionnelles avec leur fameux slogan : « Elle est fameuse la Meuse ». Au début des années 50, la production quotidienne atteint les 500 000 bouteilles.
 
La fermeture
Mais, après vingt ans d’euphorie, le vent commence à tourner. En 1966, les brasseries de la Meuse fusionnent avec les Malteries de Champigneulles et fondent la Société européenne de brasserie (SEB), absorbée en 1972 par le groupe BSN qui fusionne en 1973 avec le groupe Gervais-Danone. Le nouveau propriétaire veut regrouper la production à Champigneulles, scellant le sort du site nantais.
Le 4 mars 1985, la fermeture de l’usine et le licenciement de 152 salariés sont actés. La mobilisation syndicale et politique n’y changera rien. Et à l’été 1985 la fermeture est effective.

 

Thème Bières
Les objets de la marque Brasserie de la Meuse
Marque vue 143 fois - Créée le 25 Janvier 2026 - Modifiée le 26 Avril 2026 Retour
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